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A l’affiche

Une Famille Heureuse, de Nana et Simon

Ciné Club en Baie présente Une famille heureuse, un film réalisé par Nana Ekvtimishvili et Simon Groß, avec Ia Shugliashvili, Merab Ninidze, Berta Khapava.

Dimanche 18 octobre 2026 à 16 h à l’Espace François Simon à Carolles. Tout public.

Synopsis :

Professeure dans un lycée de Tbilissi, Manana est mariée depuis 25 ans à Soso. Ensemble, ils partagent leur appartement avec les parents de Manana, leurs deux enfants et leur gendre. Une famille en apparence heureuse et soudée jusqu’à ce qu’à la surprise de tous, Manana annonce au soir de son 52e anniversaire sa décision de quitter le domicile conjugal pour s’installer seule.

Portrait de femme.

Nana et Simon ; derrière ces prénoms que l’on croirait être ceux d’auteurs jeunesse se cache en réalité un tandem de réalisateurs, Nana Ekvtimishvili et Simon Groß. Leur second long métrage – après Eka et Natia, chronique d’une jeunesse géorgienne (2013) – nous invite cette fois à partager un moment crucial de la vie de son héroïne, Manana.
Quand Manana rentre du lycée où elle donne des cours, c’est pour retrouver sa famille : son mari et leurs deux enfants. Et leur gendre. Et son père et sa mère. Du lever au coucher, être à la fois femme de, fille de et mère de, ne laisse pas beaucoup d’espace pour sa propre tranquillité. Alors quand Soso son mari lui organise, contre son gré, une fête d’anniversaire…c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Manana fait ses valises et part s’installer, seule, dans un petit appartement ; laissant sa famille dans l’incompréhension totale.

« Dans une société patriarcale comme la Géorgie, il est couramment admis que les femmes ne peuvent pas vivre sans les hommes », dit le dossier de presse, et confirme le film. Il n’y a qu’à voir pour s’en convaincre la réaction de la famille – réunie en conseil de crise – et des proches, hommes et femmes confondus. A-t-elle été battue, son mari lui a-t-il fait du mal ? Il doit bien y avoir une raison – autre que l’adultère, certes offensant mais après tout pardonnable. Vouloir être seule à décider de sa vie est par trop absurde et ne peut constituer un motif valable de séparation. Ses oncles le lui ont pourtant répété : en vivant seule, elle apporte l’opprobre sur toute la famille. Mais Manana ne s’en laisse pas faire dans une société où, visiblement, tout le monde a son mot à dire. Même une vendeuse sur le marché remet en cause ses qualités de ménagère – et de femme – après qu’elle a confondu l’aneth et le fenouil. Erreur impardonnable s’il en est.